Dimanche 2 mars 2008
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Par Tida
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Publié dans : Critiques de films
Surprise, «Bienvenue chez les Ch’tis» s’envole. Mercredi, jour de sa sortie nationale, le film de Dany Boon a enregistré 558.359 entrées dans l’hexagone et 113.892 entrées sur Paris et sa
périphérie, selon les chiffres donnés par le distributeur Pathé. C’est le meilleur démarrage pour un film français — meilleur qu’«Astérix aux jeux olympiques» (464.248 spectateurs son premier jour
de sortie).
Pourquoi ça marche? Explications.
- L’efficacité du bouche-à-oreille
A défaut de se payer une campagne de pub colossale, l’équipe de Dany Boon a sorti le film en primeur, une semaine avant sa sortie nationale, dans trois départements (Nord, Pas-de-Calais et Somme),
la région des Ch’tis. Résultat: là-bas, en cinq jours seulement, 454.240 spectateurs sont allés voir «Bienvenue chez les Ch’tis» en salles, générant un bouche-à-oreille populaire qui a porté le
film jusqu’à sa sortie nationale.
- Des blagues façon «Les Bronzés»
Si l'histoire tient sur une demi-feuille A4 (un employé de La Poste, Kad Merad, est muté de sa Provence tapenadée à une pluvieuse ville du Nord, où l’on parle une langue incompréhensible, le
«chtimi»), les gags, eux, sont tordants: la tête du «sudiste», saucissonné dans son anorak, quand ses collègues «nordistes» l’emmènent déjeuner à la baraque à frites; la flopée de malentendus dûs à
la langue locale; une tournée légendaire de Kad Merad et Dany Boon, juchés sur leurs vélos de facteurs, bourrés. Et surtout, le retour de la blague culte des «Bronzés font du ski»: la dégustation
de la spécialité du coin. Rappelez-vous
Michel Blanc s’asphyxiant après voir ingurgité une tartine de pâté
immonde. Dans «Bienvenue chez les Ch’tis», c’est la même recette: les tartines de maroilles — fromage odorant — à tremper dans le café au petit déj'. Inénarrable.
- Un thème à la «Borat»
Dans le Nord, c'est bien connu,
il fait -12°, les gens boivent et mangent
gras. Réaliser un film sur les particularismes culturels d’une région, c’était déjà la formule gagnante de «Borat», le film de
Sasha Baron Cohen qui revisitait les clichés véhiculés sur le Kazakhstan.
- Le retour en fanfare de Kad Merad
Depuis
le film «Je vais bien, ne t’en fais pas» tourné en 2006 avec Mélanie
Laurent, Kad Merad a montré qu’il savait jouer - et bien jouer - autre chose que le comique de service. Ainsi anobli, il ressort sa carte humour, plus fortiche que jamais, aux côtés de Dany Boon,
faire-valoir touchant.
- Le bêtisier
Après le générique final, quelques séquences de bêtisier érigent d’office «Bienvenue chez les Ch’tis» au rang de film à graver dans la mémoire collective française. On y voit les acteurs, dont Line
Renaud, déblatérer leurs dialogues en Chtimi, et pouffer en fou rire.
- La critique impossible
Aucun journal ne s’est risqué à faire une mauvaise critique de «Bienvenue chez les Ch’tis», car indéniablement, les spectateurs sont pliés en deux dans les salles, voire applaudissent à la fin.
«Le Monde» salue une «comédie sympathique», «satire gentillette d'un provincialisme bon enfant qui se mue en chant
d'amour à la beauté cachée du Nord et à la fraternité joyeuse de ses natifs. Même
«Les Inrocks» reconnaissent que «chez Boon, le cliché est un point de départ vers une loufoquerie louable, et non une prison qui enserre les personnages
dans un idéal passéiste».
DR ¦ Kad Merad et Dany Boon dans "Bienvenue chez les Ch'tis"
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Alice Antheaume
20Minutes.fr, éditions du 29/02/2008 - 14h18
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