La Comedie Factory souhaite toujours ouvrir son espace d'expression aux humoristes motivés et talentueux !
Nous avons donc décidé de laisser régulièrement la parole à notre ami Cébéji pour nous raconter ses galères de comédien et son point de vue sur ce métier à la fois formidable et difficile !
Comment devenir humoriste ? Par Cébéji
Donc logiquement, après avoir foulé les différentes scènes ouvertes, l’humoriste peut prétendre à une programmation régulière dans un café-théâtre parce que ouais quand même !
Comme l’humour est omniprésent dans le métier, notre rigolo de service devra payer pour jouer euh je veux dire pour faire son métier c’est-à dire louer la salle du café-théâtre qui rebaptisera pour
l’occasion cette location « minimum garanti », ça passe mieux.
Et comme l’inflation immobilière se veut galopante et tendance, l’humoriste devra racler les fonds de tiroir voire trouver des tiroirs pour se promouvoir.
A ce stade, grosse pression, rentabiliser l’investissement personnel à savoir remplir pour ne pas perdre d’argent bien sur mais aussi pour obtenir le droit de continuer, d’amorcer le bouche à
oreille, qui, en passant, est sale, et ainsi de gagner les galons du succès.
Pour se faire, un seul mot d’ordre :
La promo !!!
Retour aux fonds de tiroir afin d’imprimer des flyers, qu’il aura fallu créer avec photoshop qu’il aura fallu apprendre, à moins d’avoir du personnel compétant parmi ses amis.
Puis il faut tracter, bousculer le chaland avec la petite phrase drôle incitatrice, faire du bruit, rameuter dans tous les sens et par bonheur, arpenter les rues avec des grands flyers appelés
affiches.
Ensuite, le manuel du parfait communicant vous invite à publier votre site ou blog avec du style, des photos, des vidéos et tout ce qu’il faut. Devenez donc webmaster, vidéaste, attaché de presse,
c’est tout de même pas la mer à boire.
N’oubliez pas cependant de peaufiner vos sketchs, d’en écrire d’autres, de les mettre en scène voire de se faire mettre en scène (aïe !) et de répéter tout ça.
Bien ! C’est fait ?
Ok, l’humoriste est enfin prêt à délivrer son drôlatique spectacle devant la foule amassée (à partir de 2). Une heure environ plus tard, que s’est-il passé ?
C’est le triomphe ! Super !
On attendra confirmation dans les critiques déposées sur les billetteries internet discount qui ont l’avantage d’offrir aux spectateurs l’opportunité de restituer leurs impressions et de les
propulser au rang de « critique d’art » avec les compétences équivalentes…
Le succès ne venant jamais seul, s’en suit le vertige de la recette !
Que ce soit en entrée payante ou au chapeau, ce sont ces mêmes billetteries qui remplissent les salles avec des prix très mais alors très attractifs, le plein tarif étant réservé à la gente
humoristique connue.
L’ère des média a sonné, le spectateur émancipé, féru de bande-annonces et de colonnes Maurice rétorque souvent :
- 8 euros, c’est cher, je ne peux pas me permettre, j’ai réservé la semaine prochaine pour Dubosc une place à 50 euros !
Effectivement, le spectateur ne supporte pas la déception en matière d’investissement artistique, il achète ce qu’il connaît, il ne prendra pas le risque d’une l’alternative exorbitante à 5
euros.
Quoi qu’il en soit, l’humoriste riche d’avoir perdu un peu moins d’argent continue sa marche lente sur les sentiers de la gloire et à force de courage passe au niveau supérieur en décrochant des
passages « télé ». A titre promotionnel encore, il signera une cession de droit à la chaîne concernée pour échange de bons procédés.
Qu’à cela ne tienne, l’humoriste continue encore et toujours et cette fois-ci obtient les fameuses dates, des cachets quoi, qui, enfin nourrissent son homme.
Si si, c’est possible !
La persévérance je vous dis, qui est, à sa manière, une façon de sélectionner dans le temps les vraies motivations (mieux vaut un gagne-pain à côté pour au moins tenir le coup jusque là).
Réjouissons-nous, la célèbre porte qui s’ouvre n’est plus très loin, avec à la clé un producteur qui soulagera l’humoriste des cents métiers adjacents pour lui permettre de se consacrer à ce
qu’il chérit véritablement, la scène !
Seul un paramètre est variable : le temps !!!
Suivez également Cébéji sur son blog : http://www.cebeji.com
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